Un événement

De créativité et d’avenir : de la BD aux VFX, de l’animation à la fiction, en passant par le jeu vidéo… Comment nos invités racontent une / leur histoire ? Qu’est-ce qui les inspire ? Comment nous transmettent-ils leurs émotions ? Et comment envisagent-ils l’avenir ?

Intervenant(s)

Jean-Pierre Jeunet

Réalisateur

Jean-Pierre est né le 3 septembre 1953, à Roanne (près de Lyon).

Longtemps enfant unique, il développe très vite son propre univers et c’est la caméra Super 8 apportée un jour par un ami de ses parents qui lui montre une voie qui pourrait être la sienne.

Véritable autodidacte, il commence par réaliser des films d’animation « L’Evasion », « Le Manège », avec des personnages sculptés par Marc Caro, puis « Pas de Repos pour Billy Brakko » d’après une BD du même Caro. Ces films de court-métrage commencent à faire parler de lui et à glaner de multiples récompenses en France et à l’étranger.

Ensemble, toujours, ils réalisent « Le Bunker de La Dernière Rafale » court métrage de science fiction, film culte, qui passera en première partie de Eraserhead de David Lynch dans une salle parisienne durant six années.

En 1989, il réalise seul « Foutaises », avec, déjà, son acteur fétiche Dominique Pinon, il gagnera une cinquantaine de prix dont le César du meilleur court métrage.

Leur premier long-métrage, « Délicatessen » (1991), une comédie grinçante et très drôle, fait souffler un vent inhabituel sur le cinéma français.

Le succès commercial et les nombreux prix de « Délicatessen » permettent à Jeunet & Caro de mettre en chantier un projet ambitieux : « La Cité des Enfants perdus », une fable sombre, tellement innovante sur le plan technique qu’elle nécessite la création de nouveaux logiciels et une très longue préparation. Le film est superbe, infiniment poétique. Il est présenté en Ouverture du Festival de Cannes 1995.

C’est ce film qui attire l’attention de la Fox qui décide de confier à Jean-Pierre Jeunet la réalisation du 4ème opus de la franchise « Alien ».

A l’issue de son séjour hollywoodien, Jean-Pierre Jeunet a la nostalgie des pavés de Montmartre et surtout, après la « grosse machine » d’« Alien », il a envie de réaliser un « petit film personnel avec des copains ». Depuis des années, il collectionne des bouts d’idées étonnantes et des fragments d’histoires qui le touchent. Tout prend forme lorsqu’il invente le dénominateur commun à ces histoires: une jeune femme timide mais imaginative et déterminée à enjoliver la vie des autres. Ainsi est née Amélie Poulain, héroïne d’un film qui rend heureux et donne envie d’aimer, car Jean-Pierre Jeunet réussit avec ce film ce qui est considéré comme l’exercice le plus périlleux du cinéma : filmer le bonheur. « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain » est le plus grand succès en langue française dans le monde.

A l’origine, « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » était écrit pour une actrice qui quitte le projet peu avant la préparation. Jean-Pierre Jeunet remarque alors une jeune actrice tout juste à l’affiche : Audrey Tautou. Il lui fait passer des essais et dès les premières secondes, il sait que c’est « elle ».

Crédit photo : Nicolas Auproux

Jordan Mechner

Game Designer, bédéaste, scénariste

Jordan Mechner est né à New York et vit aujourd’hui en France. Auteur, bédéaste, scénariste et créateur de jeux vidéo dont Karateka, Prince of Persia et The Last Express, il s’associe avec Ubisoft pour réaliser Prince of Persia: Les Sables du temps en 2003 et participe à son adaptation cinématographique par Disney en 2010. En 2017, il reçoit le prix Pioneer de la International Game Developers Association.

Son roman graphique Replay : Mémoires d’une famille (paru aux Éditions Delcourt) a obtenu le prix BD des Rendez-vous de l’histoire 2023 « Château de Cheverny ». Parmi les albums qu’il a scénarisés, on trouve Monte-Cristo (avec Mario Alberti), Liberté ! (avec Étienne Le Roux et Loïc Chevallier) et Templiers (avec LeUyen Pham et Alex Puvilland), qui a figuré sur la liste des best-sellers du New York Times.

Jordan a écrit et réalisé Chavez Ravine : A Los Angeles Story, un film documentaire diffusé sur PBS ayant remporté le prix de l’IDA. Il a également publié ses carnets de développement rédigés dans les années 80, La création de Karateka et La création de Prince of Persia, ainsi qu’une adaptation de contes perses, Samak the Ayyar. Il tient un journal de croquis. Retrouvez l’actualité de l’auteur sur jordanmechner.com/fr.

Laurens Ehrmann

Visual effects supervisor, THE YARD

Laurens EHRMANN a développé très tôt une passion pour la création numérique et les effets spéciaux. Après une première expérience en 1998 chez Animaré, une société qui concevait des cinématiques de jeux vidéos, Laurens travaillera 10 ans comme artiste puis Superviseur VFX chez BUF Compagnie.
C’est en 2009 qu’il rejoint l’aventure PLUG Visual Effects. Son apport créatif et son expertise technique offrent alors une nouvelle dimension à la société.
2014 sera l’année du changement, PLUG Visual Effects devient THE YARD.

La filmographie de Laurens inclut de grands long métrages tels que Alexandre le Grand, Batman Begins, Harry Potter IV, Silent Hill, City of Ember, Babylon AD, XMEN First Class. Aujourd’hui la renommée internationale de Laurens Ehrmann lui a permis de travailler avec sa société THE YARD sur des projets ambitieux salués à de multiples reprises.
Nomad Land de Chloé Zhao, triplement oscarisé, Ford v Ferrari, short list des Oscars pour les meilleurs effets visuels , The Gray Man, des frères Russos, nominés aux VES Awards ou bien encore Enola Holmes 2, John Wick 4 et Indiana Jones 5.

Laurens et THE YARD sont aussi régulièrement primés au PIDS à Enghien, Festival français des effets spéciaux visuels.

En cette année 2023, Laurens est lauréat du CÉSAR des meilleurs effets visuels pour le film NOTRE DAME BRÛLE de Jean-Jacques Annaud.

Voici le lien de sa filmographie complète : https://www.imdb.com/name/nm1441298/?ref_=nv_sr_srsg_0 

Modérateur(s)

Après une formation artistique à l’école des Beaux-arts de Saint Etienne, Dominique débute sa carrière comme infographiste 2D et 3D chez Infogrammes. Elle évolue sur différents postes et devient la directrice artistique des jeux PC et consoles (Alone in the dark 2, Prisonner of ice, Mission Impossible, Outcast…). En 1999, elle fonde avec 6 partenaires le studio de développement de jeux vidéo indépendant Widescreen Games situé à Lyon. Pendant 10 ans, Dominique gère la direction de la production du studio ainsi que la direction artistique des projets et collabore avec des éditeurs internationaux (Namco, Atari, Eidos…). Le studio se développe rapidement et devient l’un des principaux acteurs du développement du jeu vidéo français avec plus de 120 salariés. En 2009, elle quitte Widescreen Games et travaille en free-lance comme directrice artistique sur de nombreux projets indépendants (JV et animation) ou sur des missions au sein de différents studios. Depuis 2010, elle intervient auprès de nombreuses écoles sur l’enseignement de la 3D, du concept art et supervise les productions (films, et jeux vidéo) des étudiants en fin de cycle. En 2014, elle intègre l’Ecole Bellecour à Lyon comme directrice pédagogique du pôle Entertainment et restructure avec l’équipe les contenus des cursus Bachelors et Mastères. De 2017 à 2021, Dominique reprend une activité de chef de projet et productrice sur des projets de courts métrage d’animation en VR au sein du studio Fauns (devenu Albyon). Des films comme Battlescar et Caravaggio produits par Atlas V, Arte… voient le jour et sont récompensés dans de nombreux festivals (sundance, Tribeca, Venise.). De ces expériences narratives naissent un vif intérêt sur l’exploration de la mise en scène en réalité virtuelle et Dominique écrit son propre projet Inside Blue Dance, soutenu par le CNC.